Délégationdes Pays de l’Adour

Plaidoyer : rencontre avec les candidats aux législatives

Après le week-end « À toi la parole » des 1er et 2 avril 2017 à Lourdes, un groupe de personnes présentes à Lourdes a accepté d’aller à la rencontre des candidats aux élections législatives dans les Landes (3 circonscriptions) et les Pyrénées-Atlantiques (6 circonscriptions) les 1er et 2 juin. Ces rencontres se sont vécues en présence de journalistes.

Témoins à la rencontre des candidats aux législatives 2017.

La liste des candidats aux élections législatives été rendue publique auprès des préfectures le lundi 22 mai 2017 au matin : 81 candidats dans les Pyrénées-Atlantiques et 38 dans les Landes. Il a alors fallu trouver le maximum de coordonnées de ces candidats, dont la plupart venaient de la société civile, n’ayant eu aucun mandat d’élu par le passé. Notre secrétariat de la délégation Secours Catholique Pays de l’Adour, en ses deux pôles, a fait un travail titanesque. Sur 119 candidats, seules 19 adresses n’ont pas été trouvées : nous avons donc pu adresser un courrier d’invitation signé de notre président de délégation à 84 % des candidats. Les rencontres étaient planifiées en trois dates et lieux : pour les Landes, le jeudi 1er juin après-midi à Tartas ; pour le Béarn, vendredi 2 juin, le matin à Pau ; pour le Pays Basque, ce même vendredi, mais l’après-midi à Bayonne. Au total, ce sont 24 candidats ou membres des équipes de candidats qui ont répondu présent à l’invitation.

Chaque rencontre se déroulait ainsi : après une présentation des personnes présentes, était projeté un extrait du film des témoignages, avec la question « Qu’aimeriez-vous dire aux candidats aux élections de cette année ? ». Ces premiers mots ouvraient la voie et les voix des témoins qui abordaient, par l’alternance des prises de parole et les témoignages les plus à-propos, les thèmes de l’accès à une alimentation digne, de l’accès à la santé, de l’accès au travail et les questions autour des migrations.

L’écoute de la part des candidats a été marquée de respect mais il a été nécessaire de rappeler quelques points au début des témoignages : que les témoignages avaient valeur pour eux-mêmes car il s’agit du vécu des personnes qui sont là ; que les situations décrites ne sont pas toujours normales ni conformes aux lois en vigueur mais ça n’est pas pour cela qu’elles n’existent pas ; qu’avec cet exercice, les personnes qui témoignent doivent sortir de leur rôle de « femme et homme courage » pour pointer des difficultés auxquelles elles sont confrontées. Il ne s’agit pas de s’apitoyer sur leur sort mais plutôt d’entendre ce qui est de l’ordre d’injustices et de changements à faire opérer ; et enfin, que nous demandions aux candidats un exercice inhabituel pour eux, écouter et ne pas parler !

Les échanges avec les témoins se clôturaient par une présentation des « 15 propositions pour une France solidaire dans le monde en 2017 ». Ce document a été réalisé par quatre associations (ActionAid-Peuples Solidaires, CCFD-Terre Solidaire, Oxfam et Secours Catholique) et a été remis en séance à chaque candidat, avec une présentation et une explication du formulaire d’engagement en ligne. Ces engagements sont publiés sur le site : solidarite2017.org. Sept candidats rencontrés ont « joué le jeu » de cet engagement en ligne.

Voici quelques réactions des candidats, plus ou moins interpellés par l’exercice, au terme de ces deux heures, autour d’un verre de l’amitié : « Nous ne sommes pas des politiciens et nous sommes, pour certains, dans les mêmes galères que vous. » « Il faudrait nous donner des projets à porter et des propositions à faire. » « Il ne faut pas tout attendre des politiques. C’est à chacun de se bouger, on ne peut pas se contenter de se plaindre. » « C’est exigeant de ne pas parler ! » « Merci et bravo aux témoins de s’être livrés sur leurs parcours de vie et leurs difficultés. » « Nous n’avons jamais des témoignages de si grande qualité et d’authenticité. Quand nous faisons du porte-à-porte, les gens ne nous parlent pas comme ça. » « Merci d’avoir organisé une telle rencontre. On nous demande souvent ce qu’on pense de telle ou telle situation, mais on écoute finalement très peu des gens nous dire ce qu’ils vivent. »

Du côté des cinq témoins (Aline, Hassiba, Jordan, Nicole, Virginie), l’exercice a été exigeant et fatigant. Nous les remercions une nouvelle fois de leur engagement actif dans cette démarche et partageons ici quelques-unes de leurs réactions au terme de ces deux jours : « En témoignant et en rencontrant les candidats, on a fait notre part. Maintenant, c’est aux candidats de faire la leur une fois qu’ils seront élus. » (parabole du colibri). « Il faut de la confiance pour parler comme ça. » « Pourquoi ne pas aller voir nos élus locaux ? » Voilà une démarche qui n’a pas dit son dernier mot !

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